Historique

Le parc culturel de l’Ahaggar est officiellement né le 23 février 2011 lorsque cette dénomination succéda à celle du parc national éponyme créé le 03 novembre 1987. Dès sa création, l'office du parc national de l’Ahaggar est placé sous la tutelle du Ministère de l'Information et de la Culture en raison du patrimoine archéologique (notamment rupestre) dont il devait s’occuper.

Depuis un quart de siècle, l’existence d’un parc dans l’Ahaggar est l’incarnation oragnisationnelle, territoriale et en projet de l’indissociabilité culture / nature ; Le parc culturel de l’Ahaggar s’inscrit dans cette continuité.

Localisation et taille

Le parc culturel de l’Ahaggar est localisé à l’extrême sud de l’Algérie dans la wilaya de Tamanrasset. Il s’étale actuellement sur 633.887 Km² et concerne les communes de Abalessa, In Amguel, Aine Guezzame, Tamanrasset, Tin Zaouatine, Tazrouk, Ideles, In Salah, In Ghar, Fougarta Azouaia. 

Cette surface est le résultat de plusieurs modifications qu’a subit le périmètre du parc depuis son existence : 450000 Km² (en 1987), avant de connaître une extension et atteindre 535000 Km².

 

Dispositif de gestion

Le parc est géré par un office : l’Office National du Parc Culturel de l’Ahaggar ( ONPCA). C’est un établissement public à caractère administratif, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, dirigé par un directeur et administré par un conseil d’orientation.

Il comporte des structures de siège (départements, services et sections), et des structures hors siège (divisions, subdivisons, postes de contrôle et de surveillance).

Réglementation

L’accès à l’intérieur du parc culturel de l’Ahaggar s’effectue par les postes de contrôle et de surveillance installés à Tamenghasset, In Salah, Arak, Idelès, In Azzou, Silet, Tin Zaouatin, In Guezzam, Timiaouine, Tin Tarabine, Amguid et Zazir.

Les activités pastorales et d’artisanat rural et traditionnel sont autorisés dans le respect de la protection des espèces animales ou végétales et des zones particulièrement sensibles du territoire du parc.

L’office peut superviser l’évaluation d’impact des projets, travaux et programmes de développement, d’infrastructures, d’installations, de constructions, d’aménagement lorsqu’ils concernent les zones de protections délimitées.

Dans ces zones, les activités des agences de tourisme sont soumises à l’autorisation de l’office.

Ces agences veillent à ce que leurs clients respectent la réglementation relative à la protection du patrimoine éco-culturel, ainsi que celle en vigueur en matière d’utilisation d’appareils professionnels et/ou scientifiques, de prélèvements, de fouilles, de sondages.

Il est interdit de ramasser des biens culturels ; de prélever ou détruire des minéraux et fossiles ; de détruire, mutiler, couper ou arracher des espèces végétales sauvages ; de chasser, vendre, acheter, transporter des’animaux sauvages vivants ; de polluer ou pomper des eaux des gueltas, dayas, sources, mares, chotts, étangs et des lacs non autorisés.

Sur les stations rupestres, il est interdit de mouiller et mouler les gravures, de surcharger, de gratter, d’inscrire et de dessiner ; de détacher (ou tentative de détacher) ou détruire des parois.

Globalement, toute détérioration et/ou mutilation des biens culturels, des milieux et du patrimoine paysager du parc culturel est interdite, tout comme l’occupation ou l’utilisation des sites éco-culturels.

Une autorisation préalable est nécessaire pour l’utilisation du nom du parc à des fins commerciales, la publication sur son patrimoine éco-culturel, toute intervention sur les biens culturels matériels classés et/ou en voie de classement ou inscrits sur la liste de l’inventaire supplémentaire.

En outre, toute découverte fortuite ou lors de travaux de recherche sur le patrimoine culturel et naturel doit être déclarée à l’office.

Patrimoine éco-culturel

Patrimoine naturel

Le parc est reconnu comme zone importante pour la protection des oiseaux (ZICO) par Birdlife International.

L’inventaire en cours de la flore dévoile un taux d’endémisme de 50% ; les 40 taxons se répartissent selon trois origines biogéographiques : 02 de souche méditerranéenne, 18 de souche saharo sindienne et 20 de souche tropicale.

Par ses différents écosystèmes, l’Ahaggar est un maillon clé pour la biodiversité mondiale. Il renferme notamment les gueltates d’Issakarassene et les gueltates d’Afilal classées site Ramsar respevctivement en 2001 et 2003 sur 35100 et 20900 ha.

 

 

Ces habitats assurent aux différentes espèces des ressources alimentaires, un approvisionnement en eau et une relative quiétude durant tout leur cycle biologique. La biomasse exploitée par ces espèces est assez importante et se concentre au niveau des cours d’eau.

Parmis les espèces faunistiques présentes dans l’Ahaggar on retrouve la Gazelle dorcas (Gazella dorcas Linnaeus) dont la densité est plus que satisfaisante dans la région de l’Anhef.

Le Guépard (Acinonyx jubatus Schreber) dont les traces ont été observées dans plusieurs sites (la Tafedest, le Meddak,…). L’observation la plus récente remonte à Juillet 2008 où les nomades de la région de la Tefedest avaient repéré une famille composée de deux adultes et deux jeunes rassemblés autour d’un point d’eau.

Le Mouflon à manchettes (Ammotragus lervia Pallas) notamment dans la Tefedest et le Massif central de l’Ahaggar. Les cartes de répartition montrent que l’aire de répartition régresse avec le temps

Suite aux inventaires effectués et aux résultats obtenus au niveau des oueds de la Tefedest, on relève une végétation moins agressée et des points d’eau importants.

Les impluviums, les oueds, les plateaux d’altitude et les falaises sont des lieux privilégiés pour plusieurs espèces : le mouflon, le guépard, le chat sauvage (observé au niveau de l’oued Ouhat), la gazelle dorcas, le Daman des rochers, le hérisson du désert.

La Tefedest abrite plusieurs espèces de rapaces dont le plus abondant est le Percnoptère d’Egypte Neophron percnopterus.

Les Oueds qui traversent le massif de la Tefedest abritent et accueillent une avifaune migratrice importante. Ce sont des gîtes d’étapes d’une importance primordiale pour l’avifaune qui traverse deux fois la région désertique du Hoggar.

La Tefedest ouest est caractérisée par de nombreuses nappes et terrasses à armoise de Judée.

La partie méridionale du massif de la Taessa est le domaine des ânes et des troupeaux de chèvres et de dromadaires.

Les Oueds encaissés (Akaiour, Taramast…), le plateau et les pelouses d’altitude sont assez pourvues en végétation. Elles constituent le domaine du mouflon à manchettes.

Les autres espèces de rapaces sont représentées par le Circaète Jean- lblanc, le faucon lanier, le Faucon crécerelle, l’Aigle botté, l’Aigle royal, la buse féroce. 

Patrimoine culturel

Il faut rappeler que le parc a été créé tout particulièrement pour la richesse de ses biens culturels matériels de nature archéologique appartenant à la préhistoire.

Comme patrimoine immatériel, on peut citer certaines pratiques culturelles fondamentales propres à la réalité de l’Ahaggar. L’exemple du nomadisme s’avère aujourd’hui comme une pratique dont dépend un registre inexorable de savoir-faire indispensable au maintien de l’équilibre extrêmement sensible assurant la survie des hommes, de leur culture commune et de leur environnement naturel.

Il y a également l’artisanat propre à l’Ahaggar, comme la vannerie, la poterie, le travail du cuir, des métaux, la bijouterie et le travail sur bois. A cela il faut ajouter le savoir-faire local et une pharmacopée traditionnelle vieille de plusieurs millénaires. Art rupestre, gravé ou peint se retrouve sur des milliers de sites, dont les plus anciens datent de plus de 8000 ans. L’Ahaggar est riche également d’innombrables monuments funéraires très anciens et dont le plus connu reste le tombeau de la reine targuie Tin Hinan, à Abalessa.

Ces vestiges prouvent que longtemps avant les pharaons, nos ancêtres maîtrisaient l’art de construire des monuments. «Les premiers vestiges dans la région remontent à plus d’un million d’années. Nous avons beaucoup d’artefacts, car l’Ahaggar est l’un des berceaux de l’agriculture avec le Japon et la Mésopotamie.

Ce n’est pas tout, car le patrimoine immatériel de l’Ahaggar, constitué de traditions orales, de musiques – telles que le tindi et l’imzad – de poésies et de légendes, est très important.

Les pratiques et savoirs liés à l'Imzad ont été inscrits à la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la Culture (Unesco) le 04 Décembre 2013.

Services écosystémiques

Les écosystèmes de l’Ahaggar fournissent de nombreux services aux populations locales.

Il s’agit entre autre du bois combustible pour la cuisson et le chauffage, du bois utilisé dans l’artisanat local (bijouterie), des plantes médicinales et/ou fourragères sur les parcours. Certaines espèces trouvent des usages domestiques importants (construction, clôture, confection,…etc.).

Par ailleurs, le stockage et la filtration des eaux sont parmi les multiples services que fournissement les zones humides présentes dans l’Ahaggar. 

Les paysages pittoresques de ce territoire offrent de véritables opportunités pour les loisirs de plein air et le ressourcement ; un gisement d’activités et de bénéfices pour les populations et les opérateurs touristiques locaux. 

Contacts

Office national du Parc Culturel de l’Ahaggar (ONPCA)

Adresse : Complexe de Culture et d'Information BP N°242, Tamanrasset

Tél : +213 29 31 40 09

Fax : +213 29 31 40 09

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