Historique

Le parc culturel du Tassili N’Ajjer est officiellement né le 23 février 2011 lorsque cette dénomination succéda à celle du parc national éponyme créé le 27 juillet 1972. Dès sa création, l'office du parc national du Tassili est placé sous la tutelle du Ministère de l'Information et de la Culture en raison du patrimoine archéologique (notamment rupestre) dont il devait s’occuper.

Depuis quatre décennies, l’existence d’un parc dans le Tassili N’Ajjer est l’incarnation organisationnelle, territoriale et en projet de l’indissociabilité culture / nature ; Le parc culturel du Tassili N’Ajjer s’inscrit dans cette continuité.

Localisation et taille

Le parc culturel du Tassili N’Ajjer est localisé au sud-est de l’Algérie dans la wilaya d’Illizi . Il s’étale actuellement sur 138000 Km² et concerne les communes de Djanet, Bordj El Haouès et Illizi.

Cette surface est le résultat de plusieurs modifications qu’a subit le périmètre du parc depuis son existence : 3000 Km² (en 1972), 72000 Km² (en 1982), 138200 Km² (en 1987).

Les 200 Km² que le parc a perdu depuis 1987 correspondent à la surface de sa pointe Nord-ouest intégrée dans le périmètre du parc de l’Ahaggar.

 

 Le parc culturel du Tassili N’Ajjer a 138000 Km² (amputé de sa partie Nord-ouest).

Cette pointe Nord-ouest (région d’Amguid) doit en réalité rester incluse dans le Tassili (et non l’Ahaggar) puisqu’elle est partie intégrante de la réserve de biosphère du Tassili (voir la partie patrimoine écoculturel).

 

Le parc culturel du Tassili N’Ajjer a 138200 Km² (en entier).

 

Dispositif de gestion

Le parc est géré par un office : L’Office National du Parc Culturel du Tassili N’Ajjer. C’est un établissement public à caractère administratif, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, dirigé par un directeur et administré par un conseil d’orientation.

Il comporte des structures de siège (départements, services et sections), et des structures hors siège (divisions, subdivisons, postes de contrôle et de surveillance).

Réglementation

L’accès à l’intérieur du parc culturel du Tassili N’Ajjer s’effectue par les postes de contrôle et de surveillance installés à Illizi, Djanet, Bordj El Haouès, Tin Alkom, Tarat, Tamadjaret, Afara, Tasset et Tadent.

Les activités pastorales et d’artisanat rural et traditionnel sont autorisés dans le respect de la protection des espèces animales ou végétales et des zones particulièrement sensibles du territoire du parc.

L’office peut superviser l’évaluation d’impact des projets, travaux et programmes de développement, d’infrastructures, d’installations, de constructions, d’aménagement lorsqu’ils concernent les zones de protections délimitées.

Dans ces zones, les activités des agences de tourisme sont soumises à l’autorisation de l’office.

Ces agences veillent à ce que leurs clients respectent la réglementation relative à la protection du patrimoine éco-culturel, ainsi que celle en vigueur en matière d’utilisation d’appareils professionnels et/ou scientifiques, de prélèvements, de fouilles, de sondages.

Il est interdit de ramasser des biens culturels ; de prélever ou détruire des minéraux et fossiles ; de détruire, mutiler, couper ou arracher des espèces végétales sauvages ; de chasser, vendre, acheter, transporter des’animaux sauvages vivants ; de polluer ou pomper des eaux des gueltas, dayas, sources, mares, chotts, étangs et des lacs non autorisés.

Sur les stations rupestres, il est interdit de mouiller et mouler les gravures, de surcharger, de gratter, d’inscrire et de dessiner ; de détacher (ou tentative de détacher) ou détruire des parois.

Globalement, toute détérioration et/ou mutilation des biens culturels, des milieux et du patrimoine paysager du parc culturel est interdite, tout comme l’occupation ou l’utilisation des sites éco-culturels.

Une autorisation préalable est nécessaire pour l’utilisation du nom du parc à des fins commerciales, la publication sur son patrimoine éco-culturel, toute intervention sur les biens culturels matériels classés et/ou en voie de classement ou inscrits sur la liste de l’inventaire supplémentaire.

En outre, toute découverte fortuite ou lors de travaux de recherche sur le patrimoine culturel et naturel doit être déclarée à l’office.

Patrimoine éco-culturel

Patrimoine naturel

Le Tassili N’Ajjer est classé réserve de biosphère en 1986.

 

 

L’inventaire en cours de sa flore dévoile un taux d’endémisme de 50% ; les 45 taxons se répartissent selon trois origines biogéographiques : 16 de souche méditerranéenne, 14 de souche saharo sindienne et 15 de souche tropicale.

Par ses différents écosystèmes, le Tassili N’Ajjer est un maillon clé pour la biodiversité mondiale. Il renferme notamment la Vallée d'Iherir classée site Ramsar en 2001 sur 6500 ha pour son caractère unique et sa représentativité dans les milieux désertiques, sa faune aquatique importante et diversifiée (poissons, batraciens, reptiles,…etc.), son importance pour la faune et les animaux domestiques.

 

 

Dans les eaux fraîches non polluées de la vallée d’Iherir, la mousse aquatique est à l’origine des barrages de travertin, de chutes d’eaux et de mares. Dans ces conditions, des espèces fluviales vivent comme Typha spp., Juncus spp., Phragmites spp., Adiantum et une végétation aquatique comme Chara spp., Myriophyllum spp. et Potamogeton spp.

Les groupements végétaux des oueds sont dominés par Salsola baysoniana et Traganum nudatum qui fournissent des pâturages très appréciés des camelins. Certains oueds sont à végétation arborée dominée par Acacia alba dépassant les 15 m de hauteur et A. raddiana.

Les griffes des oueds sont dominés par A. raddiana et Panicum turgidum.

Certaines des espèces endémiques comme le cyprès du Tassili (Cupressus dupreziana) sont parmi les espèces ligneuses les plus menacées du monde.

Les dunes sont privilégiées par Aristida plumosa et Moltkia callosa qui s’implantent sur leurs flans et par une végétation arbustive à dominance de Calligonum azel sur les parties hautes.

Cette végétation arborée, arbustive et herbacée offre des conditions favorables à la présence de la gazelle et par conséquences au guépard dont les traces sont avérées.

Le guépard est signalé dans plusieurs endroits notamment entre l’oued Tamrit et djabarène (10 crottes différentes prélevées sur une vingtaine de Km), ainsi que de nombreuses traces de mouflon et de gazelles.

Patrimoine culturel

Le Tassili N'Ajjer a été déclaré la première fois comme monument historique en 1972. Grâce à sa collection unique de peintures et de gravures rupestres de la préhistoire, il est déclaré patrimoine mondial mixte en 1982.

La Sbeîba (rituel et cérémonies) est inscrite depuis 2014 par l’UNESCO sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

 

 

Services écosystémiques

Les écosystèmes du Tassili N’Ajjer fournissent de nombreux services aux populations locales.

Il s’agit entre autre du bois combustible pour la cuisson et le chauffage, du bois utilisé dans l’artisanat local (bijouterie), des plantes médicinales et/ou fourragères sur les parcours. Certaines espèces trouvent des usages domestiques importants (construction, clôture, confection,…etc.).

Par ailleurs, le stockage et la filtration des eaux sont parmi les multiples services que fournissement les zones humides présentes dans le Tassili N’Ajjer. 

Les paysages pittoresques de ce territoire offrent de véritables opportunités pour les loisirs de plein air et le ressourcement ; un gisement d’activités et de bénéfices pour les populations et les opérateurs touristiques locaux.  

Contacts

Office national du Parc Culturel du Tassili N’Ajjer (ONPCT)

Adresse : Tin Khatma, Djanet, Wilaya d’Illizi,  33000 Algérie.

Tel : +213 29 48 32 15 / +213 29 48 32 16 / +213 29 48 32 17/ +213 29 48 32 18

Fax : +213 29 47 66 27

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