Les zones humides et les sources d'eau permanentes ou intermittentes, dans la région du Tassili N’Ajjer/Ahaggar, jouent un rôle crucial dans la vie des populations nomades et de leurs troupeaux. En outre, elles constituent des ressources en biodiversité uniques et servent de halte pour les oiseaux migrateurs traversant le Sahara central. Le complexe du Tassili N’Ajjer/ Ahaggar comprend trois sites de zones humides d'importance mondiale, selon les termes de la Convention de Ramsar (http://www.ramsar.org), tandis que plusieurs autres zones sont en cours de classification. La Vallée d'Iherir au centre d'un plateau calcaire, se caractérise par des cours d'eau intermittents, des lacs et des marais, des sources d'eau fraiche et des systèmes hydrologiques karstiques souterrains. Ce site, en raison de son isolement, a vu l’émergence de phénomènes remarquables en termes d’évolution, en particulier, pour les espèces les plus aptes à résister à la désertification de la région, comme les lézards, les serpents et quatre espèces de poissons. Les peintures rupestres constituent un témoignage des premiers habitants du Sahara. Les Gueltas d'Issakarassene, zone humide spécifique de la région du Tassili N’Ajjer/ Ahaggar, se présentent sous forme de marmites taillées dans la roche, creusées dans le lit de la rivière et alimentées par des sources souterraines permanentes et parfois par des orages torrentiels. Ce site renferme une concentration des derniers vestiges d’espèces autrefois prospères, qui ont survécu à l'aridification progressive du Sahara, notamment des espèces de poissons tels que le barbeau du désert. Les Gueltas d'Afilal se présentent sous forme de petites terrasses ou petites cascades dans lesquelles l'eau coule en permanence. Elles constituent le cours d'eau le plus important de l'Ahaggar et du massif de l'Atakor (3 000 m). Ce site renferme une biodiversité qui est semblable à celle des Gueltas d'Issakarassene.

Le projet apportera son appui à l’élaboration et à la mise en œuvre d'un programme de conservation des zones humides de la région du Tassili N’Ajjer de l'Ahaggar, partie intégrante du cadre général d’aménagement des deux parcs culturels. Le programme de conservation des zones humides prendra également en compte les spécificités culturelles liées au genre, à l'âge et au rôle social des différents acteurs.

L'implication des utilisateurs de ressources locales sera encouragée pour assurer la sauvegarde des systèmes de production traditionnels spécifiques aux zones humides. Ce projet apportera son appui à l'identification des valeurs culturelles associées aux zones humides. En outre, il tirera les enseignements des approches traditionnelles pour apprendre à sauvegarder les paysages culturels propres à ces zones humides. Dans la mesure du possible, les pratiques traditionnelles d'autogestion durable et le savoir traditionnel seront intégrés dans ce programme de conservation. Des initiatives seront prises pour enregistrer les traditions orales liées aux zones humides, et continuer à les faire vivre, en les intégrant dans les activités d'éducation et de sensibilisation. Le projet encouragera également la recherche sur les aspects paléo environnementaux, paléontologiques, anthropologiques et archéologiques des zones humides du Tassili N’Ajjer/ Ahaggar.